De l’intégrateur au développeur front-end : un maillon essentiel de la qualité Web

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Abstract

Les technologies évoluent vite, et les métiers doivent les suivre, et même quelquefois les devancer. Le cas de l’intégrateur Web est une illustration criante de ces mutations. Cet intégrateur était chargé initialement de découper des designs et de les porter au format (x)HTML et CSS. Progressivement, et notamment avec l’arrivée de nombreuses technologies côté client, ce métier change et devient tout autre chose. Nicolas Hoffmann s’est penché sur cette évolution, et montre comment le métier d’intégrateur évolue vers le métier de développeur front-end. Dans le même temps, il nous montre à quel point ce métier devient central dans l’amélioration de la qualité Web.

Article

Le poste d’intégrateur, comme on l’appelle encore trop fréquemment, est souvent déconsidéré.

À la pression des autres corps de métiers et du mythe de l’industrialisation des tâches qui lui sont associées - au risque d’en décevoir certains, non, le code de qualité ne se génère pas tout seul - vient s’ajouter la perception que l’intégration est un travail qui s’effectue en bout de la chaîne de production Web.

Pourtant, les compétences à ce poste ont beaucoup évolué au cours de ces dernières années et nous verrons dans cet article comment l’évolution de ce métier doit nous amener à repenser la place de ce véritable développeur d’interface client au sein d’une équipe.

Le travail de l’intégrateur dans le passé

Il y a 10 ou 15 ans, le contexte technologique du développement Web était différent, le parc de périphériques connectés était plus réduit, les fonctionnalités offertes étaient moins complexes, les compétences requises pour développer un site Web étaient donc moins nombreuses.

  • La capacité des téléphones mobile était réduite. Une version spécifique du site Web était produite directement au niveau du backend (utilisant WAP entre autres).
  • Internet Explorer 6 avait une situation de monopole. Les développeurs avaient à connaître toutes les particularités techniques du navigateur. La « guerre des navigateurs » affaiblissait la proposition des normes du Web. La réalisation de maquettes avec des tableaux occupait le travail quotidien d’un intégrateur. Il devait ensuite vérifier l’affichage dans un ou deux navigateurs tout au plus.
  • La documentation concernant l’accessibilité, les performances était bien moins abondante - voire inexistante en français.
  • CSS offrait peu de choix pour une présentation sophistiquée, accompagnée d’une implémentation incomplète dans les navigateurs.
  • Le DOM et JavaScript (DHTML) étaient très différents d’un navigateur à l’autre, les rendant parfois inutilisables.

Les technologies et le contexte ont beaucoup évolué, changeant complètement le travail de l’intégrateur Web qui s’est mué en un « développeur front-end ».

Aujourd’hui, un développeur front-end avec de nombreuses compétences

Cette époque est désormais bien révolue, le standard HTML, les navigateurs sont de plus en plus respectueux des normes, et le besoin de qualité va croissant.. Aujourd’hui, le développeur front-end doit savoir jongler avec beaucoup plus de technologies que par le passé : HTML5, CSS3 et JavaScript sont incontournables et interdépendants, d’autres standards comme SVG sont également en plein essor.

Le développeur front-end se doit d’être un expert à part entière, au même titre qu’un développeur back-end ou un ergonome. Il est désormais l’une des pierres angulaires de tout projet Web : de très nombreuses contraintes deviennent vite difficiles à surmonter en cas de manque de connaissances à ce poste. Sans lui, point de levier d’innovation technique et d’amélioration de la qualité globale du projet.

Son spectre de compétences et leur rayonnement sur les projets est extrêmement étendu.

Séparation du fond et de la forme

La séparation stricte structure/présentation est un point fondamental de l’intégration HTML/CSS. Une bonne intégration a des répercussions sur le projet final. Le rôle du développeur front-end ne se limite pas à une validation stricte du contenu. L’intégration élémentaire d’une maquette structurée donne les fondations robustes d’un site. En réduisant le champ d’investigation, un problème de rendu sera plus facilement identifié. Le développeur front-end pourra résoudre les problèmes de rendu en concentrant ses efforts sur le contenu plutôt que sur la structure initiale du gabarit.

Prendre en compte l’accessibilité

La prise en compte de l’accessibilité constitue un premier levier sur la qualité d’un projet Web.

La maîtrise de la sémantique des balises HTML, la connaissance des principes énoncés dans WCAG et de standards comme ARIA permettent de créer un document utilisable par tous, y compris un moteur de recherche ou un outil de synthèse vocale.
Une bonne structure HTML, un code ordonné, une gestion correcte de la prise de focus par les éléments, permettront par exemple une navigation au clavier plus aisée. Elle favorisera également le référencement et rendra plus facile l’adaptation à d’autres médias grâce au mécanisme des feuilles de style.

Optimisation de la performance

La performance d’un site Web repose sur toute la chaîne de son infrastructure, du serveur au client. Du côté client, les CSS, le DOM et le JavaScript déterminent la fluidité et rapidité de l’interface. Le choix de sélecteurs CSS efficaces permet au navigateur d’effectuer le rendu des éléments plus rapidement.

Des outils de profilage CSS comme celui d’Opera Dragonfly permettent de voir et de travailler ces optimisations.

La cascade, l’héritage des propriétés et la factorisation accélèrent le téléchargement de la CSS ainsi que la vitesse de rendu dans le navigateur. Les techniques d’images combinées (sprites CSS), l’optimisation des couleurs/poids/formats des images sont également des compétences du développeur front-end.

Via des choix de structures adéquates, le développeur front-end permet d’éviter aux pages un arbre DOM comportant trop de nœuds. Ses choix judicieux permettent au navigateur d’effectuer son rendu plus rapidement et aux surcouches JavaScript d’être également plus rapides.

Modularité des styles

Un code CSS pensé sous forme de modules extensibles et réutilisables permettra plus de souplesse dans la gestion des différents blocs de contenus d’un site. Cela permettra également d’éviter aux gestionnaires du contenu d’utiliser des balises à mauvais escient pour obtenir le rendu souhaité.

Le développeur front-end définit les règles de nommage du gabarit en associant des styles pour chaque balise HTML et les éléments structurels de la maquette (une fenêtre d’information, un pied de page). Ses choix impactent directement la facilité de mise à jour du site sur le long terme, ainsi que la réutilisation dans le contexte de nouveaux projets.

Pour prendre un exemple très simple, on lui demande de styler un autre élément HTML « comme le h1 ». Dans ce cas, avoir doublé la définition du h1 d’une simple classe .h1 a permis de résoudre le problème sans intervenir de nouveau :

h1,.h1{
     /* ici les styles du h1 */
}

Autre cas, on va lui demander d’adapter « la fenêtre de la colonne de droite » pour qu’elle soit utilisable dans la zone de contenu principal. Évidemment, les dimensions changent. Si le développeur front-end a utilisé des styles trop spécifiques, il va devoir revenir dans sa CSS.

Le développeur front-end anticipe autant que possible ce genre de demandes en prévoyant des styles utilisables dans de nombreux contextes.

Contraintes et souplesse vis-à-vis des autres intervenants

Un projet Web est rarement le travail d’une seule personne. Dès que le site Web est complexe, un grand nombre de corps de métiers prend part à son élaboration. Le développeur front-end compose alors avec les contraintes et besoins requis par d’autres postes. Il permet aux autres postes de pouvoir effectuer leur travail dans les meilleures conditions.

Le CMS, choisi par l’équipe ou le directeur technique, définit certaines des contraintes comme les noms de classes ou les id de certains éléments. Le rôle du développeur front-end permet de tirer profit de ses contraintes afin de faciliter le travail des autres corps de métiers. S’il ne réalise pas lui-même le code JavaScript, il offre la possibilité au développeur de pouvoir manipuler sa structure (par exemple via jQuery). Il facilite par la légèreté de sa structure l’ajout de contenus. Il limite les risques d’erreurs en optimisant le code pour les besoins du projet (les personnes qui gèrent le contenu apprécieront !).

Parfois, il retouche les styles imposés par des plugins jQuery. Sans forcément être un expert dans le domaine, de bonnes bases sont nécessaires pour en comprendre le fonctionnement afin d’en obtenir exactement le résultat escompté.

Adaptation à de nombreux supports et aux moteurs de rendus

Les divergences dans les implémentations du passé se sont résorbées. Il est plus facile de travailler sur un code unique pour de nombreux navigateurs. Cependant, il existe des différences de calendriers dans les implémentations. Une fonctionnalité n’est pas disponible dans tous les navigateurs au même moment. La diversité des supports physiques et des contextes d’utilisation du contenu a augmenté.

Le « responsive design » consiste à adapter le design d’un site selon les caractéristiques du support physique (ordinateur, mobile, tablettes) en utilisant les media-queries. Ces dernières se basent sur la largeur maximale de l’écran, la densité de pixels, l’interaction à la souris ou au toucher, l’orientation du support, etc.

Le développeur front-end utilise ses connaissances approfondies des CSS et des media-queries pour créer une feuille de style légère s’adaptant à tous ces contextes. La structure HTML du contenu doit également permettre ces adaptations et sa légèreté va de pair avec la facilité de la mise en forme.

Il y a encore quelques années, l’intégrateur proposait une feuille de style par média (screen et print). Maintenant, c’est une unique CSS qui gère les médias screen, print, le cas échéant les tablettes ainsi que les smartphones avec les media-queries. Il travaille pour plusieurs résolutions, ainsi que pour plusieurs médias et pour plusieurs moteurs de rendu.
Même si globalement ces moteurs convergent, connaître les spécificités et les problèmes de chacun est souhaitable. Une compatibilité avec des navigateurs plus anciens est parfois nécessaire pour les contextes d’utilisation ou du marché. D’autres spécificités propres à certains périphériques comme les tablettes ajoutent à la complexité de l’écosystème.

L’intégration Web demande une véritable expertise dans un environnement changeant très rapidement.

Des domaines interconnectés

L’accessibilité, les performances Web, les contextes ergonomiques, la diversité des périphériques et bien d’autres éléments créent des domaines d’application fortement interconnectés. La recherche de l’optimisation dans un domaine a un impact direct sur d’autres domaines.

Une CSS mal conçue va très vite s’alourdir avec un impact sur la rapidité d’affichage. La rapidité d’affichage aura des conséquences sur le référencement. Chaque décision de modification est réalisée en prenant en compte les contraintes du projet et de chaque domaine. Le développeur front-end est à la recherche du meilleur compromis pour assurer la maintenance de son propre code, faciliter le travail des autres intervenants et permettre la réussite du projet.

Structurer pour l’avenir, penser à l’évolutivité et à la qualité d’un site

Un site Web évoluera. Sa ligne graphique changera, son organisation parfois. Le travail du développeur front-end s’inscrit dans ce contexte d’évolutivité à moyen et long terme.
En cas de refonte partielle (un simple changement de graphisme), une structure robuste peut être reprise telle quelle, seule la CSS sera à adapter. Des économies de temps et de ressources seront réalisées pour l’agence tout en permettant au développeur front-end de travailler dans un contexte plus agréable.

L’évolution de la technologie change les contextes d’utilisation du contenu, parfois relégués comme une version smartphone envisagée mais non réalisée. Une structure ainsi qu’une CSS initialement bien conçues faciliteront cet ajout dans le futur. Les gains de temps importants réalisés permettent d’éviter le stress.

Dans les 200+ critères de qualité identifiés dans le projet opquast, plus de 50 dépendent directement de l’intégration.

De l’intégrateur au développeur côté client

Bien que le développeur front-end ne soit fondamentalement pas là pour remplacer d’autres expertises, il compose avec de nombreuses demandes et contraintes venant de plus d’acteurs, parfois même contradictoires. Il doit s’intéresser à tous les domaines périphériques au sien afin de prendre en compte leurs contraintes et d’aider à les résoudre. Il peut même être amené à les résoudre lui-même.

L’évolution la plus importante ces dernières années a été réalisée du côté client, au cœur du métier de l’intégration. Ces changements demandent une veille et une mise à jour soutenues, beaucoup de rigueur ainsi que de souplesse accompagnées d’une grande expérience pratique. La qualité, le constant maintien d’un haut niveau de performance, l’accessibilité, sont autant de critères qui apportent de la valeur au travail du développeur front-end. Il connait de plus en plus de technologies, plus complexes, et plus interdépendantes.

Le code HTML, les CSS, le JavaScript vont être en première ligne. Ils ont un impact direct sur les moteurs de recherche, la performance des navigateurs et l’expérience des internautes.

Comme la création de sites Web de qualité implique une chaîne qui ne souffre aucun maillon faible, négliger ou sous-estimer l’importance de ce poste n’est pas envisageable.

Notes, compléments

Cet article n’aurait pas pu exister sans le formidable travail de reformulation et d’affinage de tout le collectif Openweb, et particulièrement de Karl Dubost et de Frank Taillander. Qu’ils en soient remerciés.

En complément, vous pouvez voir ou revoir la conférence de Stéphane Deschamps à Paris Web 2009 : Intégrateurs, montez au front !

À propos de cet article

  • Openweb.eu.org
  • Profil : Débutant, Décideur
  • Technologie : (X)HTML, CSS
  • Thème : Qualité
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  • Mise à jour : 27 septembre 2013
  • 21 commentaires

Vos commentaires

  • STPo Le 18 juin 2012 à 18:59

    Heureusement qu’on est encore vachement moins bien payés que les dev back, sinon je croirais VRAIMENT que les choses ont évolué... *sifflote*

  • karl Le 18 juin 2012 à 19:17

    Merci pour l’article Nicolas.

    Cet article fait un appel pour un référentiel ou peut-être un groupe de référentiel des compétences requises pour un développeur Front-End. L’enjeu cependant de ce genre de documents est qu’il n’est plus à jour très vite.

    Il y a aussi des transitions dans les domaines de compétences. Certains progressent, ont plus de compétences que les autres. Ceux qui n’ont pas su/pu/voulu évoluer ont alors plus de difficultés sur le marché.

    Je crois que le métier de développeur Front-End est en train de prendre une valeur stratégique très importante et presque de façon étonnante à renverser la vapeur sur le niveau de compétences avec les développeurs back-end.

  • Stéphane Deschamps Le 18 juin 2012 à 21:09

    Je me permets très immodestement pour prolonger la réflexion de renvoyer à ma conférence de 2009 à Paris Web basée sur les témoignages de quelques personnes de la profession (on peut voir la vidéo sur DailyMotion ou une retranscription chez moi).

    De là, on rebondira avec profit vers deux articles encore antérieurs des Intégristes : Les intégrateurs sont-ils des développeurs ou des designers ? et La partie immergée de l’iceberg.

  • Stéphane Deschamps Le 18 juin 2012 à 21:26

    (ah zut mon commentaire était en cours d’envoi avant ta mise à jour - tant pis je le laisse, il donne d’autres URLs complémentaires)

  • piouPiouM Le 18 juin 2012 à 22:06

    Merci Nicolas pour cette mise au point !

    Cette dernière m’amène cependant à me poser la question suivante : comment appeler un développeur front-end qui colle à la présente description mais qui passe la moitié de son temps à faire de l’intégration/développement applicatif ?

    Par intégration/développement applicatif j’entends réaliser des intégrations au sein de solutions finales telles qu’un CMS. Cette discipline nécessite souvent de développer des modules (donc on passe du côté du développeur back-office) et de faire preuve d’un sens développé pour la haute voltige pour peu que l’on soit attentif aux performances côté serveur.

    Pourquoi cette question ? Parce que je me présente comme développeur front, back-end ne sachant absolument pas comment décrire en un titre mon métier actuel qui couvre plus de pré-requis que l’éventail décris ici.
    Je suis par ailleurs persuadé, vu l’évolution du Web actuel, que plus d’un se pose la même question.

    Merci pour vos éclaircissements !

  • Olivier - @_dhar Le 19 juin 2012 à 00:32

    J’aurai ajouté que malgré l’uniformisation des navigateurs, l’importance et la complexité du code côté client (ie. Javascript) est bien plus grande qu’il y a quelques années. Les frameworks Javascript (MVC, MVVM, etc,) sont nombreux, les tests sont (devraient être ?) désormais effectués (aussi) côté client et font partie de l’intégration continue, les logs (côté client toujours) peuvent être collectés et analysés pour détecter les bugs et améliorer les performances... Autant d’aspects qui étaient exclusifs au développement back-end il n’y a pas si longtemps.

    Très bon article sinon. Je pinaille un peu c’est tout clin d'œil

  • Nicolas Hoffmann Le 19 juin 2012 à 08:45 En réponse à : Stéphane Deschamps

    Oui, j’ai mis l’article en ligne en partant du boulot. ^^

    Pas grave, laisse tel quel, Openweb gère le direct live. sourire

  • Frank Taillandier Le 19 juin 2012 à 09:33

    On rencontre désormais différents types de profils à ce poste, car tout le monde n’a pas eu le même parcours. Une chose est sûre : il devient de plus en plus difficile de maîtriser toutes les technologies qui peuvent entrer en jeu dans une application web moderne. Selon les sensibilités de chacun, on va souvent s’orienter vers une discipline connexe, certains seront plus attirés par l’ergonomie par exemple, d’autres par le développement Javascript côté client.

    Aujourd’hui pour faire un travail de qualité on a déjà besoin d’experts chacun dans leur domaine, que ce soit sur un outil ou sur une technologie bien particulière.

    De plus, Javascript devient de plus en plus omniprésent, ne serait-ce que via les API offertes par HTML5 et autres bibliothèques populaires. Certains développeurs JS front sont maintenant attirés par les technologies qui permettent d’utiliser ce même langage côté serveur.

    Ajoutez à cela les processus qui évoluent, la mise en place de tests, la maîtrise d’un gestionnaire de version comme Git, l’apprentissage des préprocesseurs CSS et autres frameworks, bref oui ce poste demande énormément de compétences qui peuvent être diverses et variées et ne peut plus être considéré comme le dernier maillon de la chaîne, comme le rappelait fort justement Bertrand Keller lors de la dernière édition de Sud Web.

  • Nicolas Hoffmann Le 19 juin 2012 à 09:49 En réponse à : piouPiouM

    Je suis dans le même cas : je me présente comme étant du front-end, c’est le domaine dans lequel je me sens le plus à l’aise.

    Ceci dit, j’ai pondu mes propres back-ends depuis 8 ans et je fais des mises en place de certains CMS (avec développement de plugins). Donc si on prend la définition stricto sensus, oui je fais aussi du dev back-end.

    Je pense déjà que la définition et où chacun se situe... sont propres à la sensibilité de chacun. Perso, je ne me sens pas du tout dev back-end, car je ne connais rien à des frameworks comme Zend/Symphony/etc. Pourtant, un dev back-end a vu mes plugins sur certains CMS, et il me soutient que j’ai des compétences dans ce domaine (ce dont je doute très fortement).

    Ensuite je crois que la solution, c’est justement d’arrêter de chercher à cloisonner à tout va : sur le front-end, tu peux être par exemple un intégrateur, un inté expert en accessibilité, un développeur JS, etc. il y a diverses cordes à mettre à son arc (tu peux être un dieu de l’accessibilité, avoir des notions en Javascript, être avancé en CSS, etc.).

    C’est particulièrement criant (la vidéo de Stéphane à Paris Web 2009 en parle très bien) sur des petites structures, où les attributions sont moins cloisonnées que dans les grandes structures.

    Analogie à 2 cents : un peu comme les jeux de rôles, tu peux être un guerrier tank, un défenseur, un expert de l’arc, etc. tu n’en restes pas moins un guerrier.

  • Nicolas Hoizey Le 19 juin 2012 à 13:13

    Excellente synthèse de ce qu’est ce métier encore en mutation !

    Pour compléter la réflexion sur le sujet, n’oublions pas de lire la fiche « Intégrateur Web » du « Portail des Métiers de l’Internet » du gouvernement

  • Melusine Le 20 juin 2012 à 17:43

    Bonjour

    Votre article est intéressant et correspond exactement au profil des "intégrateurs".
    Étant intégratrice depuis 1 an je n’ai vu beaucoup d’avolution (pas de tableaux apr ex) mais, effectivement, il faut faire une bonne veille pour rester au courant de toutes les évolutions.

    Bonne soirée

  • Stéphane Savona Le 21 juin 2012 à 23:30

    Salut et merci pour ce très bon article !
    Je suis content d’avoir lu cela. Etant moi-même intégrateur Web (Développeur Front-End devrais-je dire !) et pour en avoir discuté avec un WebDesigner, on en est venu à la même discussion et au même constat. Ce webdesigner me disait justement qu’il faisait plus de WebDesign et beaucoup moins d’intégration car devoir être correcte pour tous les navigateurs et satisfaire tous les besoins, cela devient de plus en plus pénible. IE6 est, on peut le dire je pense, abandonné maintenant pour nous intégrateur et Agence Web mais pas encore IE7 par exemple. Il me disait que malheureusement, notre métier n’est pas forcement reconnu à sa juste valeur et que c’est un boulot ingrat dans le sens où on est un engrenage important dans le mécanisme du bon fonctionnement d’un site mais que c’est pas forcement bien reconnu.

    Moi je suis un autodidacte qui n’était pas du métier il y a 1 an et une agence web m’a donné ma chance car, je le dis avec plaisir, l’intégration c’est une passion. Prendre une maquette et lui donner vie, c’est magique ! sourire

    En tout cas, merci pour cet article.

  • Seb Le 27 juillet 2012 à 12:18

    Bonjour,

    Aujourd’hui existe t-il des formations développeur Front-end (html, css, javascript,...) ?

  • Seb Le 27 juillet 2012 à 14:53

    re,

    Je vais compléter ma question : quelles compétences / technologies doit-on maitriser pour ce dire développeur front-end.
    HTML, CSS, Javascript (quel niveau ? perso je "bricole" du javascript mais je ne suis pas du tout expert), y a-t-il autre chose ?

    J’imagine qu’il est difficile de monter une formation développeur front-end vu la rapidité des changements.
    Est-ce que des formations sur des points précis comme alsa-creations sur les CSS, sont efficaces (avec beaucoup de pratique derrière bien sûr). Perso j’en ai un peu marre de me former moi même et aimerais valider certains acquis et aller plus loin.

    Merci

  • Nicolas Hoffmann Le 31 juillet 2012 à 11:05

    Seb : il est difficile d’avoir une formation parfaite sur ce sujet. Cela n’engage que moi : àmha la bonne formation est celle qui vous permettra de vous passer des formations, qui vous apprendra à vous auto-former, à vous tenir au courant et à vous améliorer. Ajoutez à cela qu’il faut énormément de pratique.

    L’erreur que je vois souvent chez des débutants : ils connaissent les principes du positionnement CSS, mais sont incapables de les utiliser à bon escient selon les cas. C’est le travers de certaines formations : elles abordent souvent des techniques, mais moins la logique.

    Avec plusieurs personnes du collectif (et d’autres y réfléchissent également), nous avons déjà discuté de ce qu’il faut pour créer une formation digne de ce nom. Et nous buttons sur cette question comme d’autres...

    Encore une fois, cela n’engage que moi : je suis partisan de dire que la maîtrise de la sémantique HTML + CSS + des connaissances en accessibilité + exporter/intégrer une maquette sont une base sans laquelle on ne peut pas prétendre à ce poste. Cette base est indispensable, mais pas suffisante. Effectivement, il faut des compétences en DOM, en JavaScript... pour les définir ou mettre un niveau dessus, c’est plus délicat : utilisation d’un/plusieurs framework(s) ? Et/ou connaissance du langage ? Certification JavaScript ?

    Pour ma part, j’imagine qu’on peut avoir plusieurs profils sur ce poste : orienté JavaScript, orienté expert accessibilité, etc.

  • Seb Le 1er août 2012 à 23:08

    Merci pour cette réponse.
    Bon elle ne me surprend pas...... allez au travail.

  • Jeremie Le 11 janvier 2013 à 10:13

    Merci de redorer le blason du métier. Integrateur web depuis 6 années, j’ai assisté à l’achèvement du montage en tableau. J’ai hais internet explorer 6 et j’ai souffert du manque de considération qui s’est traduit à la fois par le comportement de mes collègues en agence mais aussi de mon salaire dérisoire. Aujourd’hui le métier est d’avantage reconnu. Une bonne intégration a un réel impact sur la réussite d’un projet web. Votre article traduit remarquablement les compétences nécessaires à ce métier et les évolutions constantes qui nécessite une veille constante parfois déroutante. L’intégrateur doit également assurer l’intégration de newsletter en respectant les recommandations "anti spam" et savoir également intégrer un thème dans des cms ( wordpress, prestashop) qui sont de plus en plus utilisés.

  • Webmasteo Le 23 août 2013 à 19:35

    Très bon article, merci pour la publication.

  • Litz Le 8 octobre 2013 à 18:10

    Intéressant et très bien rédigé.

  • Murat Le 18 novembre 2013 à 11:23

    J’aime bien ce passage "le code de qualité ne se génère pas tout seul". On nous a sorti des logiciels qui peuvent soi-disant découper et intégrer une maquette presque tout seul mais au final, rien ne vaut un travail fait avec soin et amour.
    Enfin, je ne suis plus que d’accord avec le passage sur le CSS. J’ai eu maintes et maintes fois des galères avec un css qui mettait trop de temps à charger.
    Merci bien pour cet article

  • Hernandez Le 11 février à 17:12

    Pour info, via le site urban-linker, regardez en terme de salaire ce que touche un dev java et un dev frontend (complet).
    En 2013, un dev java confirmé (2-4 ans) touchait 42-45k€ quand un dev frontent confirmé touchait 44-49k€. Un dev java senior (4-6 ans) touchait 45-55k€ quand un dev frontent senior touchait 49-56k€... Et je ne parle même pas de dev php
    Tout ceci pour dire : oui, la tendance s’inverse réellement
    source http://www.urbanlinker.com/etude-de...

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