Après plusieurs années d’hégémonie quasi totale d’un seul navigateur Web, de nouveaux outils sont apparus, et ils représentent maintenant une part considérable du parc des navigateurs installés. De plus en plus utilisés par les internautes, qui apprécient leur rapidité, leur robustesse et leurs fonctionnalités, ils respectent les standards du Web et facilitent ainsi le travail des développeurs Web. Fort de cette appropriation à grande échelle par le grand public et les professionnels, ces nouveaux navigateurs ne sont nullement exotiques ou alternatifs. En toute logique, cet article publié initialement en 2003 sous le titre "Les navigateurs alternatifs" a été rebaptisé "les navigateurs modernes", qui décrit plus justement la réalité actuelle.
Installé par défaut sur tous les postes Windows, MSIE Windows est longtemps resté le navigateur web quasi unique. Sa version 6 offre un support médiocre des standards, et même la version 7 ne représente qu'un petit pas dans cette direction. C'est dans ce cadre que sont apparus de nombreux navigateurs modernes, également gratuits. Ils se sont rapidement diffusés sur le marché, au point de remettre en cause le monopole de fait qui existait dans ce domaine, poussant Microsoft à se remettre au travail, d'abord sur une timide version 7 puis sur une version 8. Cette dernière apporte des progrès en terme de respect de CSS mais n'offre aucun support de SVG et HTML 5. Quelle que soit la plate-forme sur laquelle fonctionne Les navigateurs modernes, ils ont en commun un grand respect des normes du Web, la navigation par onglets, le blocage des pop-ups et l'intégration de moteurs de recherche. Visite guidée :
Après dix années de balkanisation du web, le déploiement sur le marché d'un parc de navigateurs respectant les standards est une vraie révolution. Tout d'abord, ils permettent aux développeurs de construire des sites universels, sans se préoccuper en permanence de l'affichage dans tel ou tel navigateur possédant ses propres modes de restitution des pages Web. Ils leur permettent aussi de développer des sites plus rapidement, de réutiliser plus facilement le code produit, et de séparer dans leurs créations la gestion et l'affichage des contenus de ceux de la présentation, d'en améliorer l'accessibilité. En résumé, le déploiement d'un parc de navigateurs respectant les standards est une brique essentielle dans la phase d'industrialisation que vit le Web actuel.
Même si cette révolution a des effets majeurs sur l'expérience des utilisateurs du Web, ces améliorations ne sont que peu perceptibles aux utilisateurs non-avertis. Le respect des standards n'explique donc pas à lui seul le succès actuel des navigateurs modernes. Plusieurs fonctionnalités d'ordre ergonomique les caractérisent également, et elles suffisent généralement à convertir les utilisateurs les plus réticents.
La quasi-totalité des navigateurs présentés dans la liste que nous présentons ici propose par défaut des fonctionnalités extrêmement utiles à tous les utilisateurs :
Cette fonctionnalité permet d'ouvrir plusieurs pages Web dans la même fenêtre de son navigateur. Il y a encore peu de temps, la navigation simultanée sur plusieurs sites impliquait l'ouverture d'autant de fenêtres que de pages ouvertes. Cela pouvait devenir très lourd à manipuler, par exemple lorsque l'on souhaitait ouvrir plusieurs fenêtres issues d'une page de résultats d'un moteur de recherche. Cette fonctionnalité permet de gérer l'ensemble des pages web depuis une seule fenêtre de navigateur. Ce gain d'espace et cette rationalisation de l'espace de navigation permet également de faciliter les échanges avec des logiciels de bureautique.
Les pop-ups ont longtemps été le fléau numéro 1 des utilisateurs de sites Web. L'ensemble des navigateurs modernes intègre la fonctionnalité de blocage de ces fenêtres surgissantes de manière native.
La fonction de navigation est fondamentalement liée à l'interrogation de moteurs de recherche. Ceux-ci ne s'y sont pas trompés, qui proposent souvent des barres d'outils. Quoi de plus logique dès lors que d'intégrer ces fonctionnalités de recherche de manière native dans le navigateur. C'est ainsi que les navigateurs modernes proposent également ces fonctionnalités de manière native.
On ne cesse de le dire, le Web est là pour offrir du contenu, le contenant ne servant juste qu’à agrémenter le premier. C'est toute l'idée derrière les notions de Web sémantique et de séparation structure/présentation. Jusqu'à peu, il n'y avait pas d'exemple largement utilisés ou la stricte séparation avait des résultats majeurs.
La popularisation des technologies RSS et Atom, où une information dépouillée de tout artifice de présentation est délivré au lecteur, a montré que cette voie est la bonne. Au site Web, elle permet une réduction certaine en charge. Au lecteur, elle permet de se tenir informé des nouveautés de manière simple et rapide, sans être noyé dans la présentation.
Aujourd'hui, tous les navigateurs modernes proposent une telle option de syndication, qui permet un réel gain de productivité et, surtout, montre que le Web est polymorphe et que vouloir l'enfermer dans des formats hérité des siècles antérieurs ne fait que l'empêcher d'atteindre sa pleine puissance.
Pour plusieurs navigateurs proposés ci-dessous, les extensions, modules, outils de développement sont proposés par des communautés souvent importantes, et les possibilités de personnalisation sont quasiment infinies.
Il y a encore peu de temps, les fonctionnalités décrites ci-dessus auraient pu paraître anecdotiques. Mais alors que le respect des standards de structure, de présentation et d'accessibilité se diffuse comme une traînée de poudre, et que les utilisateurs sont de plus en plus exigeants en matière de navigation Web, il apparaît de plus en plus évident que les caractéristiques que nous présentons ici ressemblent de plus en plus à ce qu'on peut appeler le cahier des charges d'un navigateur Web moderne et de qualité. Les industriels les plus importants ne s'y sont pas trompés : même les premiers d'entre eux préparent de nouvelles versions respectant ce cahier des charges.
Anciennement connu sous les noms Phoenix puis Firebird, Firefox a repris le flambeau de la suite Mozilla. Il utilise une version optimisée du cœur de son aîné. Objectifs de Firefox : être le plus convivial possible pour le grand public afin de rétablir la concurrence sur le marché des navigateurs, et ainsi redynamiser l'innovation dans ce secteur. Fin 2008, les utilisateurs réguliers de Firefox étaient plus de 200 millions dans le monde (source : Mozilla).
De très nombreuses extensions sont disponibles pour étendre ses fonctionnalités. Souvent développées par des bénévoles, elles apportent entre autres certaines fonctionnalités des autres navigateurs pouvant faire défaut à certains utilisateurs. Elles permettent de moduler le navigateur afin qu’il corresponde le mieux possible aux besoins de chacun. Firefox, couplé avec certaines extensions, peut devenir un outil particulièrement performant pour les développeurs Web. En 2008, la part de marché de ce navigateur a dépassé les 30% du parc européen des navigateurs (50% en Pologne), ce qui en fait le navigateur moderne le plus populaire à l'heure actuelle.
Une version mobile de Firefox (nom de code Fennec) est en préparation. Elle équipe déjà les tablettes Internet Nokia et une version pour Windows Mobile est prévue. Il existe des dérivés de Firefox, dont SeaMonkey (suite Internet avec messagerie, éditeur de page Web pour Linux, Mac et Windows) et Camino (navigateur simple dédié à Mac OS X).
Opera est une suite internet destinée à l'utilisateur avancé. Il offre des innovations intéressantes en particulier pour les développeurs de sites pour téléphones mobiles. Son interface utilisateur, plus complexe que celles de Firefox et Safari risque de dérouter au premier abord, mais ses fonctionnalités comme le zoom des pages (texte et images), la navigation par gestes avec la souris ou la gestion de « vraies » sessions (si la page disparaît ou change côté serveur, elle est conservée côté client) plaisent beaucoup. On notera qu'il intègre des fonctionnalités annexes comme une messagerie et un client IRC et qu'il a également été retenu par Nintendo pour devenir le navigateur de la Nintendo DS (console portable) et de la Wii (console de salon).
Safari est le navigateur d'Apple pour Mac OS X. Son moteur appelé WebKit est dérivé de KHTML, le moteur de navigation Open-Source de Konqueror. Il ne propose ni messagerie, ni éditeur de pages, mais il se distingue par le respect de la démarche d'Apple en terme d'ergonomie et d'intégration dans le système d'exploitation. Destiné prioritairement à Mac OS X avec lequel est est très bien intégré, il fonctionne aussi sous Windows, mais il ne rencontre pas beaucoup de succès sur ce dernier système d'exploitation. Une version mobile de Safari équipe l'iPhone d'Apple. Webkit étant une bibliothèque facile à intégrer, d'autres projets de navigateurs la réutilisent, en particulier dans le monde du mobile. On trouve ainsi une version de Webkit dans Android, le système d'exploitation mobile produit par Google.
Google est le dernier entrant sur le marché des navigateurs modernes. Reprenant le moteur Webkit, il offre une interface utilisateur simplifiée (la barre d'adresse et le champ de recherche ont été fusionnés). Alors qu'une version pour Windows est disponible depuis fin 2008, les versions pour Mac et Linux sont prévues pour 2009.
Cet article n'évoque que les navigateurs graphiques prévus pour les ordinateurs personnels ou le poste de travail. En guise de conclusion, rappelons que ces navigateurs ne sont pas les seuls modes d'accès au Web. Il existe également des navigateurs textes, dont les exemples les plus représentatifs sont certainement Links... ou le moteur de recherche Google ! Pour compléter la lecture de cet article, Wikipedia met également à votre disposition une liste complète des navigateurs web.
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